Il fut un temps où Jean-Philippe brillait avec un ballon. Connu de tous pour sa carrière internationale dans le football, cet ancien champion olympique a aussi de l’or dans les mains ! Posé, discret, réfléchi, Jean-Philippe a ce regard tranché des hommes déterminés qui vont à la victoire. Avec le poker, il s’est offert une nouvelle vie et pas des moindres…
La compétition n’est pas une discipline qui t’est étrangère : Tu as été une star du football de ta génération…
N’exagérons pas ! Mais il est vrai que le football était ma vie. Dès l’âge de 6 ans, je passais mon temps à jouer au foot ! Ma mère m’inscrivait à la musique, je séchais les cours pour aller jouer ! Des cours de maths ? Je n’y allais pas et je fonçais sur le terrain ! Je vivais pour le football et la seule punition qui fonctionnait sur moi c’était lorsque mon père me privait d’entraînements… J’en ai fait une carrière et j’en suis très fier, ça a été sans doute les meilleures années de ma vie.
A 31 ans, ta carrière est écourtée en raisons de multiples blessures, comment as-tu vécu cela ?
Ça a été très difficile. Comme pour beaucoup de sportifs de haut niveau, être privé de ces sensations fortes, de la compétition et tout ce que ça comporte, ça crée un vide terrible. J’ai découvert le back Gammon à ce moment là.
Tu as fait une belle carrière aussi dans le back Gammon : deux fois champion de France ! C’est François Tardieu qui m’a beaucoup fait évoluer. On a sympathisé quand je suis devenu champion de France en 1995, et il m’a fait découvrir le poker. Au début , je faisais pas mal de résistance mais j’ai fini par suivre. Mais quand j’ai commencé, je ne savais pas ce que c’était une paire encore moins une quinte : il est parti de très loin !
Comment as-tu travaillé ton jeu ?
Quand je fais quelque chose, j’essaie de devenir le meilleur possible donc j’ai lu des bouquins, j’ai bossé avec François, je me suis frotté aux joies du on line avant de démarrer sur le circuit!
Qu’est ce que tu penses du jeu on line ?
J’aime beaucoup mais je ne suis pas un spécialiste. Je ne suis pas encore capable comme des joueurs pro internet à sentir les tells par exemple. Je suis beaucoup plus à l’aise à une table en live, j’aime ce contact direct avec les joueurs.
Qu’est ce qui te motive dans le poker ?
La compétition ! Je retrouve cette adrénaline que j’avais dans un stade de foot. La boule dans le ventre avant d’entrer sur un tournoi, quand tu gagnes un coup, les moments forts, les joies, les déceptions. Il y a des moments d’une violence énorme. Consciemment ou inconsciemment l’être humain recherche ces émotions et je pense que le poker procure toute cette palette de sentiments.
On parle de toi comme un joueur très sérieux…
J’essaie de l’être au maximum. C’est un jeu qui pour moi demande énormément de résistance et de ce point de vue là, j’ai un léger avantage car j’ai été habitué très tôt à gérer les pressions. Disons que j’essaie d’être perfectionniste !
Ton plus grand souvenir de poker ?
Mon plus grand moment de poker c’est pour la bulle de la table finale du PPT avec Gus Hansen. Il était 6h45 du matin, il y avait 300 personnes autour de la table c’était inimaginable. Il y avait une tension, il y avait une atmosphère fabuleuse. Tous les joueurs qui étaient là ont dit qu’ils n’avaient jamais vu ça. Et c’est malheureusement Gus qui a sauté… mais jouer avec un joueur de cette trempe, toute cette foule qui nous portait, c’était magique.







